La disparition d’Helena – Chapitre 1

    Helena Lepage est une jeune femme de 25 ans qui ressemble à beaucoup d’autres femmes : deux bras, deux jambes, un nez, une bouche… Et comme beaucoup d’autres femmes, elle a été victime d’inégalités au travail. Si ces inégalités sont parfois monnaie courante, il ne faut pas les banaliser, surtout quand le résultat de ces injustices répétées peut s’avérer grave. Le 5 mars 2020, une enquête est lancée pour retrouver cette jeune femme, disparue depuis 4 jours et qui ressemble à tant d’autres : Helena Lepage. Pour comprendre les évènements, il faut reprendre du début : remonter jusqu’à son enfance.

Pour lire l’article parlant du jeu autour de l’histoire, c’est ici.

Chapitre 1 – De son enfance à son entrée chez Automob’Act

 

    Helena grandit en Normandie dans une famille composée d’un père, d’une mère et d’une petite sœur, Jeanne. Son père travaille beaucoup et sa mère a renoncé à sa carrière pour pouvoir s’occuper du foyer et de ses filles. Dans la famille d’Helena, il est important de réussir, aussi, ses parents les accompagnent et les poussent beaucoup sa sœur et elle. Après une primaire, un collège, un lycée avec pour choix un baccalauréat scientifique option physique-chimie, Helena poursuit ses études loin du cocon familial en entrant dans une école d’ingénieur : Polytech Grenoble. Une filière assez généraliste pour lui laisser le temps de se déterminer. Durant ses deux années de classe préparatoire intégrée, Helena se fait des amis, sort, rencontre des gens ; elle découvre aussi de nouvelles matières et finit par s’orienter dans le domaine des matériaux en choisissant, tout logiquement, la filière du même nom : Matériaux. Elle l’intègre en 2014 et continue son cursus avec quelques difficultés mais en réussissant malgré tout, un parcours ordinaire somme toute. Lorsqu’arrive sa troisième année de cursus ingénieur, elle décide de faire son stage de fin d’études dans l’entreprise privée Automob’Act.

 

    C’est avec un peu d’appréhension qu’Helena entre dans l’entreprise le premier jour. Elle n’a pas encore rencontré son tuteur mais elle sait que c’est un homme appelé Frédéric Louchalle. En se présentant à l’accueil, elle rencontre Justine Shutz, une jeune femme souriante qui lui indique le bureau de M. Louchalle. Elle s’y rend, et alors qu’elle s’apprête à frapper, la porte s’ouvre sur un grand homme, un peu bedonnant et plein d’entrain.

    Un peu surpris, Frédéric marque un temps d’arrêt et dit : « Ah ! Vous tombez bien, j’allais justement demander de vos nouvelles à l’accueil ! Frédéric Louchalle, directeur du service Laboratoire Composite, enchanté ». En lui serrant la main, il continue : « Je suis débordé. Venez, je vous montre votre bureau. Nous ferons le tour de l’entreprise plus tard si vous le voulez bien : j’ai un travail urgent pour vous ! ». Helena n’a pas le temps de prononcer un mot que Frédéric est déjà parti à grands pas et lui montre un petit bureau d’angle avec un ordinateur. « C’est que j’attends une stagiaire vous comprenez ? Je sais que c’est une mise en jambe expresse, mais j’aurais besoin que vous me tapiez ce rapport pour le plus rapidement possible. Je n’oublierai pas de m’amender pour ma précipitation, vous pouvez compter là-dessus ! ». Et sans plus de cérémonie, il s’en va aussi vite qu’il est apparu. Désemparée, Helena reste quelques secondes interloquée près du bureau d’angle, où siège un écriteau « Secrétaire Laboratoire composite ». Il l’avait prise pour sa nouvelle secrétaire et non pour la stagiaire qu’elle était et qu’il lui avait dit attendre ! Avec courage, elle retourne toquer à la porte où elle a vu disparaitre Frédéric Louchalle l’instant d’avant. Alors qu’elle rectifie le malentendu, Frédéric éclate d’un rire tonitruant et lui souhaite la bienvenue. De ce quiproquo, Helena reçoit son premier surnom en entreprise : « Mademoiselle la petite secrétaire ».

    Sa première semaine se déroule bien et elle retrouve même un ancien camarade, Marc Tomphy. Il était aussi à Polytech Grenoble, dans la même filière qu’elle mais d’une année supérieure. Aujourd’hui, il travaille dans la même équipe qu’elle : le service Laboratoire Composite du département Recherche ; mais leurs domaines d’études ne portent pas sur les mêmes projets.

    Durant son stage, Helena se familiarise avec les habitudes et les méthodes de l’entreprise ; elle est consciencieuse et apprend vite. Elle devient amie avec Justine Shutz, l’hôtesse d’accueil un peu sophistiquée du premier jour. Justine est une personne dynamique, extravertie, assez taquine et joueuse. Les deux femmes découvrent qu’elles viennent de la même ville de Normandie. Helena se rapproche aussi de Marc Tomphy, son ancien camarade. Alors que le stage avance et se déroule très bien, les deux jeunes gens se mettent d’accord de ne pas commencer une relation tant qu’Helena n’est pas diplômée. Poursuivant son stage, Helena découvre aussi la personnalité vivante et joviale de son tuteur, Frédéric. Il ne manque pas de l’encourager et de la pousser à donner le meilleur d’elle-même, malgré ce petit surnom de « mademoiselle la petite secrétaire » qui reste et ne manque pas de la faire tiquer.

    Quand arrive la fin de son stage, début septembre 2017, elle reçoit une offre d’emploi de l’entreprise dans la même équipe, mais en tant qu’ingénieure matériaux. C’est Frédéric qui lui amène, le sourire aux lèvres : « Eh bien voilà ma petite secrétaire » et se corrigeant : « ma petite stagiaire pardon ! ». Il enchaine avec un clin d’œil : « C’est vrai que tu as bien travaillé. Tu vaux mieux qu’une petite secrétaire ! Tiens ma petite stagiaire ; tu ne devrais plus l’être pour longtemps : voilà une convocation avec les demoiselles du RH et moi-même. Sans vouloir gâcher le suspens, il se pourrait bien qu’on te propose un emploi…». Et avec une poignée de main, il lui remet la lettre. Trop excitée par la nouvelle, Helena ne revient pas sur son nouveau surnom ; elle sait que c’est affectueux de la part de son tuteur.

    Son stage s’est très bien déroulé et elle a même obtenu une offre d’emploi à sa sortie. Pendant son entretien, Helena a demandé à ne commencer qu’un mois après la fin de son stage. Entre la fin de son stage et le début de son contrat, elle rentre en Normandie et profite de ses proches. Elle et Marc partent aussi quinze jours tous les deux, savourer leur relation naissante. Ils savent qu’ils ne pourront pas prendre beaucoup de vacances les premières années (même si Marc est déjà dans l’entreprise depuis un an), pour prouver leur valeur en quelque sorte. Début octobre, Helena entame son contrat chez Automob’Act et le 17 novembre 2017, elle reçoit son diplôme d’ingénieur.

    Helena est heureuse jusqu’ici.

 

Auteure ou autrice (va falloir choisir un jour) : Lorysse Marchal

Le chapitre 2 arrivera la semaine prochaine !

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