Un jour, un·e confiné·e : Mica, étudiante en INFO 4

Après déjà 6 semaines de confinement, la vie des étudiant·e·s s’est adaptée. Comment s’organisent leurs journées ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Nous sommes parti·e·s à leur rencontre, à distance !

C’est à deux pas de Polytech, dans un appartement de 60m² avec un balcon donnant sur l’école, que se retrouve confinée Mica depuis plus de cinquante jours. Mais l’étudiante de 4ème année en filière INFO semble se satisfaire de sa situation : en compagnie de son copain, “on a de quoi cuisiner et ne pas se marcher sur les pieds”.

Une organisation des plus impeccables

Cela va vous sembler familier, mais comme pour la majorité des élèves-ingénieur⋅e⋅s de l’école, les cours à distance de Mica et de sa classe se sont déroulés sur Discord en compagnie d’une équipe pédagogique qui a su s’adapter à la situation. “Nous avons créé un serveur Discord et les professeur⋅e⋅s ont tou⋅te⋅s accepté de faire cours dessus, ce qui nous a évité de devoir suivre plusieurs plateformes différentes. Les cours ont pu être maintenus dès le lundi suivant l’annonce du confinement, les dates butoirs [des devoirs] repoussées afin de compenser les difficultés pour travailler en groupe à distance.” D’autre part, elle nous explique que leurs responsables de filière et de promotion ont été particulièrement présents durant ces longues semaines un peu particulières, pour compenser l’éloignement provoqué par le confinement : “[Ils] ont été compréhensifs et ont tenu une réunion toutes les semaines […] ce qui nous a permis de discuter et faire remonter les problèmes régulièrement.”

Si la réactivité des professeur⋅e⋅s est saluée par l’étudiante, elle tient également à souligner le travail réalisé par sa classe afin de permettre à tou⋅te⋅s de vivre cette scolarité en confinement dans les meilleures conditions. “On a fait une page qui permettait de regrouper toutes les informations qu’on nous faisait suivre, notamment celles par email parce qu’on en recevait énormément et qu’il était facile d’en rater un. Les délégué⋅e⋅s ont également fait passer un formulaire pour prendre des nouvelles de tout le monde, et notamment vérifier s’il y avait des situations problématiques auxquelles il était possible d’apporter leur aide.” Un exemple à suivre donc !

Cependant, Mica admet que la motivation n’était pas toujours au rendez-vous, la faute notamment à la non-présence physique de ses camarades de classe. Parfois même, elle avait l’impression de ne pas être assez efficace dans son travail, une source d’angoisse et un sentiment que nous avons pu retrouver chez certain⋅e⋅s confiné⋅e⋅s que nous avons pu interviewer. Elle nous confie d’ailleurs : “ça m’a bien aidée d’être de temps en temps en appel avec une autre personne pour travailler”.

D’autre part, l’organisation impeccable des INFO4 ne peut pallier à tous les inconvénients occasionnés par cette situation quelque peu exceptionnelle. Les départs en stage, notamment, représentent un point sensible. “J’étais encore en recherche de stage au Japon avant le confinement, donc je n’ai pas pu en trouver un pendant.” déplore l’étudiante avant d’ajouter : “Je vais chercher un stage ou un CDD pour cet été mais cela ne me paraît pas gagné. Si je ne trouve rien je vais essayer de compenser avec des projets personnels mais ça ne m’apporterait pas la même expérience.”

Un train de vie chargé

Les cours et travaux à rendre se sont terminés la semaine du 27 avril pour Mica et ses camarades de classe. Cependant, l’étudiante a décidé de continuer à suivre un planning quasi scolaire : “Je travaillais pour l’école, maintenant je suis sur le projet Yitus : on développe une plateforme pour mettre en relation des élèves de lycée et de Polytech pour de l’aide aux devoirs et du soutien.” Il s’agit d’une méthode de soutien et d’accompagnement à la demande pour les lycéen⋅e⋅s de l’académie grenobloise, mis⋅es en relation dès que possible avec les étudiant⋅e⋅s volontaires du groupe Grenoble INP par l’intermédiaire d’une application sur laquelle travaille Mica en compagnie d’autres camarades de Polytech.

D’autre part, l’étudiante a également participé à l’organisation du Tournoi des Sorciers, dont Quentin nous a parlé un peu plus en détails dans son interview. Préfète chez les Frerdeg, Mica semble vraiment heureuse d’avoir pu faire partie de cette aventure qui a permis d’enchanter le quotidien des étudiant⋅e⋅s et des membres de l’administration de l’école durant deux semaines de défis de folie !

Malgré toute l’énergie qu’elle dépense pour aider à faire vivre l’école en cette période, l’étudiante ne s’oublie pas pour autant. Elle sait s’accorder des moments à elle, en n’oubliant pas de séparer travail et loisirs. Durant ses pauses et ses week-ends bien mérités, Mica diversifie ses activités. Avec son copain, iels font des expérimentations en cuisine “on essaie de ne plus acheter de biscuits ou gâteaux industriels et de les remplacer par des faits maison” et se sont lancés dans une routine capillaire, la cure de sébum “c’est-à-dire ne pas se laver les cheveux pendant une certaine période afin de ne plus solliciter son cuir chevelu et qu’il puisse s’auto-réguler”. Enfin, comme bon nombre d’entre nous, Mica et son copain sont tombé⋅e⋅s dans le visionnage de séries. Leur recommandation ? The Office (US), une sitcom comique de neuf saisons simulant un reportage documentaire sur la vie quotidienne d’employé⋅e⋅s de bureau. Pour l’avoir déjà regardée, je ne peux que plussoyer cette recommandation !

Un isolement qui commence à peser

Mica avait l’habitude de voir du monde très régulièrement, entre ses activités personnelles, les cours et ses participations dans les associations étudiantes de l’école. Aussi nous confie-t-elle qu’elle se sent un peu coupée du monde depuis le début du confinement, mais elle se sait plus chanceuse que d’autres. “Je ne suis pas dans une situation particulièrement délicate à cause du confinement. […] Ce qui peut être compliqué c’est le manque d’exercice tout au long de la journée et l’isolement, je ne sais pas comment j’aurais pu gérer la situation si j’habitais seule.”

Les liens sont conservés grâces aux réseaux sociaux et Mica tente de prendre régulièrement des nouvelles de ses proches : “J’appelle régulièrement des amis, principalement en audio et de temps en temps en visio [et je] téléphone à mes parents une fois par semaine.”

Malgré tout, le contact humain est quelque chose qui lui manque énormément, et c’est pour cela que rencontrer ses proches semble pour elle la première chose à faire dès que possible ! “J’ai très envie de revoir mes amis et ma famille, et notamment nous avions prévu une randonnée pour l’anniversaire d’une amie qui n’a pas encore pu se faire. Quand le confinement sera vraiment levé et que la situation se sera calmée, donc probablement pas dès le 11 mai, j’aimerais voir des amis et rendre visite à ma famille… Et faire cette randonnée !” Nous sommes de tout cœur avec toi Mica !

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