A Brazilian student in Polytech : Interview of Marilia Rosato, a MAT student

Marilia came from the Federal University of São Carlos (UFSCar), a public university located in São Carlos. The university hosts 26 000 students on its campus, when the population of São Carlos is around 245 000 inhabitants. We can compare it to the UGA and Grenoble in a smaller size. There, she was studying materials science and engineering.

She wanted to do a year abroad to discover a new culture and to gain new technical skills. Coming here was the only opportunity that she had to do a masters abroad and to obtain a double degree.

To come here, she had to learn the language first. She started to learn French doing 2 hours of classes per week for a year. It allowed her to have a B1 level. And from a French student perspective, she and all of her fellow Brazilian students who came here had a very good French level and I think we were all impressed to see them adapt so quickly.

The fact that she came here with other Brazilians student was a big plus. They could help each other settle in and not be overwhelmed by the administrative procedure and the distance from their home. To find lodging, they were helped by Polytech to complete all the procedure with the CROUS.

Then the classes started. At first it was a little difficult to integrate with us, the French student. The language barrier still being quite difficult to overcome, the French that they had learnt was quite different to the one that we use to communicate daily. Especially us, younger people. But with time, they adapted and they felt well integrated in the class.

The first semester was the hardest for them. It was also the hardest for us, as this is usually the hardest semester in MAT. The schedule was also a lot busier than what they were used to. With the added concentration effort that they had to make in order to understand French, it was quite hard at first. The second semester was easier and since Marilia already had done well in the first one, it was less stressful.

About Grenoble, she found it to be great. The mountains are great and plenty of activities are available. She found it very dynamic all year long. The food is also a big plus.

She also had plenty of time to travel across Europe with her Brazilian mates, which was great since you don’t travel across continents very often. Their first trip was to Iceland during the Toussaint break of 2018. She has visited 11 countries in total.

In summary, she loved it here in Grenoble. We all know how discovering a new culture is always very enriching. But she can say that this experience has changed her life for good, because of all the friendships that she created here but also with the new opportunities that this has given her career-wise. Finally, she has to finish her studies in Brazil starting in August but she plans to come back to live here in 2021.

Un jour, un·e confiné·e : Jérôme, étudiant en E2I 5

Après déjà 6 semaines de confinement, la vie des étudiant·e·s s’est adaptée. Comment s’organisent leurs journées ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Nous sommes parti·e·s à leur rencontre, à distance !

Si certain·e·s ont pu rentrer dans leur famille, parfois sous la pression parentale, d’autres n’ont pas forcément eu d’autre choix que de rester dans leur appartement étudiant au cœur de Grenoble. Jérôme, qui vit sa dernière année dans la filière E2I, est originaire de Guadeloupe et pour lui, faire le voyage était trop risqué. Il nous a donc virtuellement ouvert les portes de sa vie en centre-ville, en solitaire dans son 30 m2. Mais bon, selon ses propres mots, “ça va pour moi !”

Une alternance 100% à la maison

A la différence de nombre d’élèves de l’école, les étudiant.e.s de la filière Électronique et Informatique Industrielle sont en alternance. “Pas de vacances pour nous” rappelle donc Jérôme. Avant le confinement, son rythme était d’être une semaine sur deux en entreprise lorsqu’il n’était pas à Polytech. Et maintenant, tout se déroule à son appartement. “Les cours se font à distance” nous explique-t-il “et on est sur Discord la plupart du temps, voire TEAMS pour les professeur.e.s qui ne peuvent pas faire autrement depuis leurs ordinateurs professionnels.” Cependant, il ne s’agit pas de cours magistraux mais plutôt de nombreux projets à mener en autonomie en binôme. Ainsi, l’éloignement se fait moins ressentir.

Pour ce qui est de son travail au sein de l’entreprise, les choses sont un peu plus chamboulées. L’étudiant avait l’habitude de travailler sur deux aspects du métiers plutôt différents : d’un côté du code, de l’autre des tests sur des STM32. Si la programmation est parfaitement adaptée au télétravail, il ne peut pas en dire de même pour ses tests. “On a une réunion hebdomadaire avec l’équipe et seules deux personnes sont autorisées à se déplacer physiquement sur le site pour effectuer les analyses des autres.” D’autre part, malgré le confort que nous trouvons tou·te·s à travailler depuis chez nous, il existe certains désavantages. Au bureau, j’ai un meilleur matériel pour bosser : trois écrans pour coder, j’ai un super set-up. Chez moi, c’est un peu moins bien, j’ai l’impression de prendre plus de temps pour faire mes tâches” déplore-t-il.

Jérôme n’est pas trop inquiet quant aux examens pendant cette période de confinement. “Nous avons beaucoup de présentations de projet, donc c’est comme des TP mais à distance.” D’autre part, il n’a pas de soucis à se faire quant à son stage à l’étranger, déjà réalisé l’année dernière.

Mon appart, mon organisation

Avec le télétravail, Jérôme peut arranger ses périodes de travail de façon plus souple. Il nous confirme que grâce à ses nombreuses semaines d’alternance dans son entreprise, il a gardé une certaine routine. L’étudiant nous explique également que “quand je suis motivé à fond, je ne m’arrête pas. Et si je sens que je ne suis plus productif, je préfère faire une pause et m’aérer l’esprit avant de reprendre sur des bases plus saines.”

Alors que certain·e·s préfèrent compartimenter strictement les moments de travail et de détente, Jérôme n’en ressent pas le besoin. En effet, cette notion ne lui était pas familière avant même que l’idée de confinement n’effleure les esprits. “Quand j’étais en cours, ça m’arrivait bien souvent de penser au travail, notamment à mon code” et aujourd’hui encore, ça lui arrive – comme à nous tou·te·s – d’avoir des épiphanies sous la douche.

Quand il ne travaille pas, Jérôme ressent tout de même le besoin de s’occuper. “Je comprends les gens qui ont vraiment envie de sortir mais moi je me fais à l’idée. J’ai plein de choses à faire chez moi !” Il a notamment développé une application en Python lui permettant de contrôler ses lampes depuis son ordinateur, application sur laquelle il travaille toujours, si vous êtes intéressé.e pour lui donner un coup de main. Il s’amuse également à faire des montages vidéos, que nombre d’entre nous ont pu admirer lors du Tournoi des Sorciers. En dehors des écrans, ce confinement lui a permis de faire un grand ménage dans son appartement, de bricoler un peu, de s’acheter une cave à vin. Et prendre l’air ? “Je ne sors que pour faire mes courses, une à deux fois par semaine, ça me prend 15 minutes de vélo.” Le confinement l’a aussi encouragé à se lancer un peu plus dans la cuisine : il prépare ses propres pizzas et s’est lancé dans la préparation de plats antillais. Mais il nous confie que de temps en temps, ça lui arrive de cuisiner le plat étudiant par excellence… Des pâtes !

Des plans compromis mais une vision optimiste de la suite

Avec le confinement, on peut se sentir un peu seul.e.s dans nos appartements plus ou moins grands. Mais ce n’est pas le cas de Jérôme. Bien que la communication ait diminué de manière générale entre étudiant.e.s de sa classe, il assure que les liens sont conservés. “Et puis, il y a aussi les petits groupes de potes, on se retrouve en visio pour faire l’apéro.” Quant à sa famille, malgré les six heures de décalage horaire, il ne ressent pas spécialement de manque puisque qu’il la contacte une à deux fois par semaine.

Avant le confinement; l’étudiant avait prévu quelques voyages : “Londres, Dublin, la Croatie… mais ça risque d’être compliqué !” assume-t-il avec bonne humeur. “J’ai repoussé pour Londres et Dublin, tant pis pour la Croatie.” Ce qui lui manque aussi, ce sont les sorties entre ami.e.s autour d’un verre, et même s’il ne compte pas faire quelque chose de précis le jour-même du déconfinement, il est certain que sa première activité sera de retrouver ses potes. D’autre part, il commence à scruter les offres d’emploi pour l’année prochaine, que ce soit un CDI dans son entreprise actuelle ou ailleurs. On lui souhaite bonne chance et de trouver ce qu’il cherche le plus tôt possible !

Un jour, un·e confiné·e : Léo, étudiant en TIS 5

Après déjà 6 semaines de confinement, la vie des étudiant·e·s s’est adaptée. Comment s’organisent leurs journées ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Nous sommes parti·e·s à leur rencontre, à distance !

Nous restons aujourd’hui à Grenoble. C’est dans la capitale des Alpes qu’est confiné Léo. Cet étudiant en dernière année de TIS a récemment rejoint le domicile de sa mère, après plusieurs semaines de confinement seul dans son appartement : “Je suis passé de 30 à 80 mètres carrés, ça fait de l’espace ! Je commençais à beaucoup tourner en rond.”

C’est d’ailleurs la semaine dernière, le 22 avril, que Léo a fêté, confiné, son 24ème anniversaire ! “Je suis bien tombé ! On va dire que c’est reporté à l’année prochaine, j’ai encore 23 ans pendant un an !”, nous explique-t-il en rigolant. “Toute ma famille m’a appelée, j’ai fais des apéros Skype avec des potes. C’était calme, le premier anniversaire calme que je fais, c’était une expérience ! Mais bon, j’ai prévu de faire des extensions post-confinement, pour fêter ça bien ! Un anniversaire en plusieurs fois !”

Un début de stage incertain

Si ses cours sont terminés depuis quelques temps, Léo a tout de même finalisé son projet en télétravail au début du confinement. Depuis, sa charge de travail est faible, car il doit désormais attendre une situation sanitaire plus favorable pour débuter son stage de fin d’étude. Pour patienter, Polytech l’a encouragé à réaliser des recherches bibliographiques, mais se motiver à la maison n’est pas forcément évident ! “L’absence de dead-line me perturbe. Je ne suis pas […] stimulé, je procrastine ! […] Je ne m’oblige pas à garder un rythme, mais il faudrait !”

Pour combler ses journées, l’étudiant isérois tutore, à temps partiel et de façon bénévole, des élèves de quatrième année dans sa filière depuis le lundi 27 avril. Le but est de les assister dans la mise en place de la gestion de projet de leur travail, la compréhension du sujet et l’analyse des attentes des clients. Léo travaillera ainsi sur le portage d’outils logiciels pour la modélisation en épidémiologie. Ces actions seront valorisées sur son rapport de stage, dont la durée risque d’être réduite en raison de la crise sanitaire.

Les incertitudes quant aux stages sont nombreuses pour les étudiants, et d’autant plus angoissantes lorsqu’il s’agit de celui de fin d’étude. Léo attend le début du sien, à Lyon. Il est en contact régulier avec son entreprise d’accueil, qui n’est pas encore en mesure de lui communiquer une date précise : “A mon avis ça va être début juin. Ils font du diagnostic clinique, et développent notamment des tests de dépistage pour le Covid-19, il me semble. Les premières personnes qui vont être réintégrées à l’entreprise, c’est la production. Pour moi, ils ne savent pas quand la Recherche et Développement sera rouverte. J’attends un retour de mon tuteur de stage pour savoir quand je finirai également, mais il y a de grandes chances que je passe ma soutenance en décembre.”

En parallèle, Léo doit composer avec le stress de trouver un logement à Lyon pour commencer à travailler ! Une tâche que la situation actuelle rend impossible : “Je devais visiter un appartement juste avant le confinement. C’était pour l’instant ma seule option. En attendant, je continue de regarder des appartements en ligne, mais tant que je ne visite pas, je ne peux pas finaliser cette démarche. Quand on va sortir du confinement, ça va être LE truc à faire !”

Maintenir l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle

Afin de ne pas laisser le travail se mélanger avec le reste, Léo s’organise : “Je segmente. Je me dis que je travaille pendant un temps défini, puis je fais du sport pour faire la transition avant de garder la soirée pour moi.” Le sport, une activité régulière pour lui : “J’en faisais déjà avant, mais en salle. Maintenant, je fais un petit parcours santé tous les deux jours. Ça me fait du bien. Sinon, je fais partie des gens qui deviendraient fous je pense !”

D’ailleurs, il a profité du confinement pour débuter un nouveau défi, et pas des moindres ! “J’ai arrêté de fumer depuis quelques jours ! Je me suis dis que c’était l’occasion.” Une belle résolution ! Bon, il nous l’a confié en off, entre nous, mais on vous le dit quand même : il compense en mangeant son gâteau d’anniversaire !

Le futur ingénieur nous avoue cependant voir son moral affecté par le confinement : “Je m’ennuie, quand même. Mes amis et ma famille me manque !”. Alors pour compenser, il garde le lien avec des étudiants, via notamment Messenger et Discord. Les séances en ligne de Skribbl.io sont également de la partie, tout comme les désormais fameux apéros Skype, auxquels il participe régulièrement : “Internet ne comble pas tout le côté social, je pense. Mais ça aide, clairement.”

Faire ce dont on n’a pas le temps habituellement

Léo en profite également pour cuisiner ! “Ce n’est pas un truc que j’affectionne énormément. Mais depuis que je suis chez ma mère, on est deux, c’est plus facile, on se motive à bien manger ! C’est plus motivant, je cuisine plus qu’avant. Avant c’était des plats de “survie”. Là je fais des gâteaux, des trucs plus fantaisistes !”

Il s’est également remis à la lecture, une activité longtemps repoussée par manque de temps. Enfin, il a également décidé de commander un clavier MIDI pour faire de la musique ! “Pour mon anniversaire, je ne sais pas si c’est à cause du confinement, mais j’ai craqué ! Je n’ai jamais fait de musique de ma vie, mais je me suis toujours dit que je pourrais m’y mettre un jour, c’était l’occasion ! Le confinement a été un peu le déclencheur !”

Rester à la maison, c’est aussi l’occasion de regarder des séries pendant les temps de pause ! “J’ai pleins de trucs à conseiller ! Dark, qui est incroyable ! Viking, assez vieux mais moi je viens de m’y mettre, c’est assez cool. J’aimais bien Mindhunter aussi, si vous êtes fan de thriller. Et dans la même lignée, True Detective, la première saison était incroyable !”

Mais si les séries l’aident à passer le temps, le déconfinement est tout de même attendu avec impatience ! Sortir entre amis et se retrouver autour d’un verre font parties des choses qui lui manquent le plus. Ouvrez l’œil si vous sortez à Grenoble, vous le croiserez peut-être !

Interview of a Volunteer Firefighter during the Covid-19

Here is a little insight on what volunteer firefighters do and what hardships they may encounter during this tough period of time!
By respect, I will not mention a name for this interview.

How long have you been a volunteer firefighter for?
– I’ve been engaged as a firefighter for almost a year now. I spent last summer passing all of my fire and rescue courses, so in September I was entirely trained and ready to go on almost all of the firefighter interventions.

Why did you want to become a firefighter?
– A lot of people dream of being a firefighter when they are little kids. For some, this dream lives on to when they are older and actually become firefighters, and for others, this dream dies away and is replaced by a new one.
– I actually never really thought about becoming a firefighter until one or two years ago, and it completely changed my life! I wanted to feel useful and help my community in any way that I could and the firefighters were the right choice for me. I discovered a whole new universe I never knew existed and immediately fell in love with it.

Does anything in this job scare you in any way?
– Well, first of all, if a firefighter says he or she is afraid of nothing, then I would be worried. Fear, as long as it is controlled, can be a good thing. Without fear, people can be completely senseless and not think of the consequences of their actions, thus causing them to get seriously hurt. A little bit of apprehension coursing through your veins: that’s what keeps you on your toes and reactive to everything around you.
– So yes, some things can scare me on the job, but it’s not going to stop me from doing it. I’m mostly thinking about big apartment fires or forest fires. Those are the most impressive and can be very dangerous if you’re not careful. Fire can be very unpredictable, so we have to be extra attentive. Most of the time, in intervention, adrenaline kicks in and you barely have time to think, you just act. The hardest part is after: when you go home, adrenaline starts to calm down and reality kicks in…
– But these are the risks of the job, and it’s what we’re here for!

What would you say was your most difficult experience as a firefighter?
– Well, a horrible experience I have to say I don’t have one yet. I haven’t been on very drastic interventions yet. I haven’t seen someone die yet, or seen what a huge accident can cause to people. I do know I will be confronted to these situations one day, but it just hasn’t happened to me for now.

During this confinement period, have many things changed for you as a volunteer?
– Well, because of the coronavirus, everyone is now confined at home and much less people are getting hurt. Our activity has thus decreased 30% since March, and it has even decreased even more in other cities. Since the confinement, we also have a lot more firefighters available to go on interventions.
– I live in a small village, so usually during the week we just barely have 3 people to take the ambulance. Now, we have around 15 people available during the week and almost 23 on weekends. This enables us to share the responsibilities of going out on intervention and the stress of the coronavirus. Everyone is as engaged as possible during this tough time.

What kind of additional personal protections do you have facing the coronavirus?
– As firefighters, we are all very well equipped facing the coronavirus. Each time we are called for a “respiratory distress”, we consider it a covid-19 suspicion and equip ourselves. We try to limit the number of people in contact with the virus, so only one team member equips themselves completely. The protections we have are: a tunic, a hygiene cap, glasses, an FFP2 mask and two pairs of gloves. Usually the chief accompanies the crew member equipped with a mask and gloves, but his exposition to the person needs to be limited, or else he decides to equip himself entirely as well. It really depends on the gravity of the situation, but we are as well protected as possible.

Have you noticed more difficulties during this tough period mentally to face certain interventions?
– Obviously, these aren’t regular times. Even during daily activities, or an occasional stop to the supermarket to buy vital necessities, we are all afraid of catching the corona virus. I think it is harder for some people than others. Some families have a family member at home who is more liable to catching it than others, more fragile (asthma etc.), and they don’t want to put them in danger. Such worries are very normal. Of course, it is mentally difficult for everyone, which is why we are very careful to limit the number of people exposed to the virus. And also why we are encouraged in the fire station to be as much available as possible. The more available we are, the more we can share the load mentally and make it easier for everyone.
– It is a rough time to go through, but once it will be finished, we will have done our part.

Why would you recommend someone to become a volunteer firefighter?
– I think that if you are physically fit, have free time on your hands, and want to help the community, becoming a volunteer firefighter is the way to do it. Having that feeling of being useful and saving lives … it’s something you can’t imagine until you live it, and it really is an amazing experience.
– Small villages or even big cities are always looking for new volunteers because they don’t have enough. As a firefighter, you discover a whole new world, and your colleagues become like a second family to you. As a teacher of mine once said: “Being a firefighter: it’s not just a job, it’s a passion.” Obviously, you can’t be sensitive to blood and have to be ready to confront bad situations, but in the end: it is all worth it. There are a lot of good moments too.
– Nonetheless, becoming a firefighter isn’t the only way you can help your community. Not everyone is fit for it and that’s okay. There are so many ways to show your love and support to others, all it takes is a small gesture!

Un jour, un·e confiné·e : Mica, étudiante en INFO 4

Après déjà 6 semaines de confinement, la vie des étudiant·e·s s’est adaptée. Comment s’organisent leurs journées ? Quelles sont les difficultés rencontrées ? Nous sommes parti·e·s à leur rencontre, à distance !

C’est à deux pas de Polytech, dans un appartement de 60m² avec un balcon donnant sur l’école, que se retrouve confinée Mica depuis plus de cinquante jours. Mais l’étudiante de 4ème année en filière INFO semble se satisfaire de sa situation : en compagnie de son copain, “on a de quoi cuisiner et ne pas se marcher sur les pieds”.

Une organisation des plus impeccables

Cela va vous sembler familier, mais comme pour la majorité des élèves-ingénieur⋅e⋅s de l’école, les cours à distance de Mica et de sa classe se sont déroulés sur Discord en compagnie d’une équipe pédagogique qui a su s’adapter à la situation. “Nous avons créé un serveur Discord et les professeur⋅e⋅s ont tou⋅te⋅s accepté de faire cours dessus, ce qui nous a évité de devoir suivre plusieurs plateformes différentes. Les cours ont pu être maintenus dès le lundi suivant l’annonce du confinement, les dates butoirs [des devoirs] repoussées afin de compenser les difficultés pour travailler en groupe à distance.” D’autre part, elle nous explique que leurs responsables de filière et de promotion ont été particulièrement présents durant ces longues semaines un peu particulières, pour compenser l’éloignement provoqué par le confinement : “[Ils] ont été compréhensifs et ont tenu une réunion toutes les semaines […] ce qui nous a permis de discuter et faire remonter les problèmes régulièrement.”

Si la réactivité des professeur⋅e⋅s est saluée par l’étudiante, elle tient également à souligner le travail réalisé par sa classe afin de permettre à tou⋅te⋅s de vivre cette scolarité en confinement dans les meilleures conditions. “On a fait une page qui permettait de regrouper toutes les informations qu’on nous faisait suivre, notamment celles par email parce qu’on en recevait énormément et qu’il était facile d’en rater un. Les délégué⋅e⋅s ont également fait passer un formulaire pour prendre des nouvelles de tout le monde, et notamment vérifier s’il y avait des situations problématiques auxquelles il était possible d’apporter leur aide.” Un exemple à suivre donc !

Cependant, Mica admet que la motivation n’était pas toujours au rendez-vous, la faute notamment à la non-présence physique de ses camarades de classe. Parfois même, elle avait l’impression de ne pas être assez efficace dans son travail, une source d’angoisse et un sentiment que nous avons pu retrouver chez certain⋅e⋅s confiné⋅e⋅s que nous avons pu interviewer. Elle nous confie d’ailleurs : “ça m’a bien aidée d’être de temps en temps en appel avec une autre personne pour travailler”.

D’autre part, l’organisation impeccable des INFO4 ne peut pallier à tous les inconvénients occasionnés par cette situation quelque peu exceptionnelle. Les départs en stage, notamment, représentent un point sensible. “J’étais encore en recherche de stage au Japon avant le confinement, donc je n’ai pas pu en trouver un pendant.” déplore l’étudiante avant d’ajouter : “Je vais chercher un stage ou un CDD pour cet été mais cela ne me paraît pas gagné. Si je ne trouve rien je vais essayer de compenser avec des projets personnels mais ça ne m’apporterait pas la même expérience.”

Un train de vie chargé

Les cours et travaux à rendre se sont terminés la semaine du 27 avril pour Mica et ses camarades de classe. Cependant, l’étudiante a décidé de continuer à suivre un planning quasi scolaire : “Je travaillais pour l’école, maintenant je suis sur le projet Yitus : on développe une plateforme pour mettre en relation des élèves de lycée et de Polytech pour de l’aide aux devoirs et du soutien.” Il s’agit d’une méthode de soutien et d’accompagnement à la demande pour les lycéen⋅e⋅s de l’académie grenobloise, mis⋅es en relation dès que possible avec les étudiant⋅e⋅s volontaires du groupe Grenoble INP par l’intermédiaire d’une application sur laquelle travaille Mica en compagnie d’autres camarades de Polytech.

D’autre part, l’étudiante a également participé à l’organisation du Tournoi des Sorciers, dont Quentin nous a parlé un peu plus en détails dans son interview. Préfète chez les Frerdeg, Mica semble vraiment heureuse d’avoir pu faire partie de cette aventure qui a permis d’enchanter le quotidien des étudiant⋅e⋅s et des membres de l’administration de l’école durant deux semaines de défis de folie !

Malgré toute l’énergie qu’elle dépense pour aider à faire vivre l’école en cette période, l’étudiante ne s’oublie pas pour autant. Elle sait s’accorder des moments à elle, en n’oubliant pas de séparer travail et loisirs. Durant ses pauses et ses week-ends bien mérités, Mica diversifie ses activités. Avec son copain, iels font des expérimentations en cuisine “on essaie de ne plus acheter de biscuits ou gâteaux industriels et de les remplacer par des faits maison” et se sont lancés dans une routine capillaire, la cure de sébum “c’est-à-dire ne pas se laver les cheveux pendant une certaine période afin de ne plus solliciter son cuir chevelu et qu’il puisse s’auto-réguler”. Enfin, comme bon nombre d’entre nous, Mica et son copain sont tombé⋅e⋅s dans le visionnage de séries. Leur recommandation ? The Office (US), une sitcom comique de neuf saisons simulant un reportage documentaire sur la vie quotidienne d’employé⋅e⋅s de bureau. Pour l’avoir déjà regardée, je ne peux que plussoyer cette recommandation !

Un isolement qui commence à peser

Mica avait l’habitude de voir du monde très régulièrement, entre ses activités personnelles, les cours et ses participations dans les associations étudiantes de l’école. Aussi nous confie-t-elle qu’elle se sent un peu coupée du monde depuis le début du confinement, mais elle se sait plus chanceuse que d’autres. “Je ne suis pas dans une situation particulièrement délicate à cause du confinement. […] Ce qui peut être compliqué c’est le manque d’exercice tout au long de la journée et l’isolement, je ne sais pas comment j’aurais pu gérer la situation si j’habitais seule.”

Les liens sont conservés grâces aux réseaux sociaux et Mica tente de prendre régulièrement des nouvelles de ses proches : “J’appelle régulièrement des amis, principalement en audio et de temps en temps en visio [et je] téléphone à mes parents une fois par semaine.”

Malgré tout, le contact humain est quelque chose qui lui manque énormément, et c’est pour cela que rencontrer ses proches semble pour elle la première chose à faire dès que possible ! “J’ai très envie de revoir mes amis et ma famille, et notamment nous avions prévu une randonnée pour l’anniversaire d’une amie qui n’a pas encore pu se faire. Quand le confinement sera vraiment levé et que la situation se sera calmée, donc probablement pas dès le 11 mai, j’aimerais voir des amis et rendre visite à ma famille… Et faire cette randonnée !” Nous sommes de tout cœur avec toi Mica !